Un petit village résiste encore et toujours à la frénésie d’aujourd’hui… À quelques pas de Bazas, niché dans un écrin verdoyant, un village gaulois des temps modernes cultive jalousement son art de vivre. Bienvenue à Gans, commune de quelques 200 habitants qui, tels les irréductibles du célèbre village armoricain, défendent leur territoire contre l’envahisseur le plus redoutable de notre époque : la course effrénée contre le temps.
Ce qui frappe d’emblée le visiteur qui s’aventurerait dans ce hameau préservé, c’est cette atmosphère particulière où chacun semble connaître son voisin. Pas besoin de druide pour créer de potion magique : la recette se compose simplement d’entraide, de traditions et d’un art de vivre qui fait la force de cette petite commune. On espère qu’une chose, que le temps ralentisse pour mieux apprendre à se connaître.
Des fêtes dignes du plus grand banquet gaulois
Si le village semble paisible au premier abord, ne vous y trompez pas : Gans sait faire la fête ! Derrière cette effervescence se cache une bande d’irréductibles installés au Comité des Fêtes, toujours prêt à transformer leur village selon leur imagination débordante… Il y a quelques années, ils ont littéralement métamorphosé Gans en un village gaulois durant tout un week-end. Statues des héros de la bande dessinée peintes à la main, jeux pour enfants inspirés des aventures des célèbres Gaulois, et en point d’orgue : un banquet final qui aurait fait pâlir d’envie René Goscinny. Les tables croulaient sous les victuailles, tandis que l’ambiance festive rappelait étrangement les dernières pages de la célèbre bande dessinée.
Pour cet été, le Comité des Fêtes vous invite à célébrer le week-end du 15 août avec un programme des plus alléchant : jeux pour enfants, concours de pétanque, randonnée et repas animé par un orchestre. Le clou du spectacle ? Un « ballet des eaux » en lieu et place du traditionnel feu d’artifice. Une première qui promet d’enchanter petits et grands grâce aux jets d’eau dansant aux rythmes de la lumière et de la musique.
Ambiance Far West à l’horizon
Mais ces joyeux lurons ne comptent pas s’arrêter là !
L’année prochaine, c’est vers un tout autre univers que Gans voyagera… Le village s’apprête à se transformer en un décor de western. Façades d’habitations métamorphosées, église méconnaissable, chemins menant vers des mines reconstituées… Les préparatifs battent déjà leur plein, et on peut vous dire que ça s’annonce spectaculaire ! L’Association de danse country du village se frotte déjà les mains. Le sol gansois vibrera sous les bottes à éperons et les chapeaux Stetson envahiront les rues, transformant Gans en un authentique saloon à ciel ouvert.
Une mélodie qui résiste au temps
Si les gaulois craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête, les Gansois combattent la course contre le temps d’une tout autre manière : au son des fifres et des tambours. Contrairement à un certain barde dont les prestations finissaient invariablement au sommet d’un arbre, bâillonné par ses acolytes, les fifres de Gans sont toujours accueillis par des applaudissements. Cette tradition, véritable fierté locale, trouve son origine en 1989 lorsque quelques jeunes du village décidèrent d’apprendre auprès des anciens cet art ancestral. C’est ainsi qu’est née l’École des Musiques Populaires et Traditionnelles de Gans, qui donne vie à la désormais célèbre Ripataoulère. 35 ans plus tard, cet emblème culturel rayonne bien au-delà des frontières du Bazadais. Des fêtes traditionnelles locales comme les Bœufs Gras et les feux de la Saint-Jean aux scènes internationales, les musiciens gansois portent haut les couleurs de leur village. Pour les enfants de la commune, intégrer ce groupe relève presque du rite initiatique. Deux fois par semaine, les musiciens en herbe font leurs gammes dans une ambiance chaleureuse, perpétuant ainsi un héritage culturel précieux.
Nature et convivialité, le secret de la potion magique
L’esprit sportif des Gansois n’est plus à prouver ! Il n’y a qu’à voir l’organisation de la course de VTT annuelle (rendez-vous le 29 juin) et leur expédition en canoë-kayak sur les eaux de Bernos-Beaulac. Leur rituel écologique favori ? Le nettoyage des berges d’un lac privé, suivi d’une partie de pêche à la truite où, contrairement chez Ordralfabétix, la fraîcheur des prises n’est jamais contestée.
Quant à la relève, elle se forme au Club Nature où les 6-11 ans, tels des apprentis druides, apprennent à protéger la biodiversité avant de présenter fièrement leurs travaux de fin d’année en juin. La commune n’en oublie pas pour autant sa mission première de répondre aux besoins de ses administrés (création de 6 logements sociaux) et dernièrement la création d’une chaufferie collective bio-masse mettant ainsi fin à l’énergie fossile pour un investissement de près de 300 000 €. Dans ce village, la préservation de l’environnement est l’affaire de tous.
Et c’est ainsi que dans ce village d’irréductibles sud girondins, on festoie, on rit, on protège la nature, on joue de la musique, on s’entraide, et surtout, on résiste encore et toujours à l’envahisseur invisible du temps qui passe trop vite !